Genu valgum : comprendre les causes et les solutions

genu valgum : causes, signes et solutions pour savoir quand consulter et comment corriger les genoux en X

Par Marion · Publié le 21 août 2026 · 8 min de lecture
Enfant debout, genoux joints et chevilles écartées, examen d’orthopédie pédiatrique pour genu valgum.

L’essentiel à retenir

  • Le genu valgum correspond à des genoux en X, souvent physiologiques chez le jeune enfant.
  • Une asymétrie, une douleur ou une aggravation rapide justifient un bilan orthopédique.
  • Les causes peuvent être bénignes, mais aussi liées à un traumatisme, un rachitisme ou une maladie osseuse.
  • L’examen clinique et, si besoin, la radiographie en charge permettent d’évaluer l’axe des jambes.
  • La prise en charge va de la surveillance à la kinésithérapie, aux semelles, voire à la chirurgie.
  • Consultez rapidement en cas de boiterie, gonflement, douleur nocturne ou gêne à la marche.

Le genu valgum, ou genoux en X, peut surprendre lorsqu’on le remarque chez un enfant, un adolescent ou même un adulte. Faut-il s’inquiéter, attendre, consulter ou chercher à le corriger ? Tout dépend de l’âge, de l’évolution et de la gêne ressentie. L’objectif est de vous aider à distinguer ce qui relève d’une croissance habituelle de ce qui mérite un bilan orthopédique.

Genu valgum : de quoi parle-t-on et quand les genoux en X sont-ils normaux ?

Avant d’aborder les causes et les traitements, commençons par définir ce que l’on observe. Il faut ensuite distinguer une évolution normale de la croissance d’un véritable trouble de l’axe des jambes.

Schéma médical du genu valgum chez l’enfant, comparaison avec alignement normal, genoux en X et chevilles écartées.

Comprendre la déviation des genoux vers l’intérieur

Le genu valgum correspond à une déviation des genoux vers l’intérieur. Lorsque la personne se tient debout, les genoux se rapprochent tandis que les chevilles restent écartées. C’est ce qui donne l’image des genoux en X.

On parle aussi de genoux cagneux ou de genou valgum. À l’inverse, le genu varum désigne les jambes arquées, avec des genoux plus éloignés et des jambes qui dessinent une courbure vers l’extérieur.

Définition
Le valgus physiologique correspond à une évolution normale de l’alignement des jambes chez le jeune enfant. Le genu valgum devient surtout un sujet médical lorsqu’il est très marqué, asymétrique, douloureux ou persistant.

L’idée clé tient en un repère simple : l’axe du membre inférieur n’est pas parfaitement droit chez tout le monde. Il doit toutefois rester cohérent avec l’âge, la croissance et l’absence de gêne importante. Une simple observation ne suffit pas toujours à distinguer une variation normale d’un trouble, d’où l’intérêt d’un examen clinique en cas de doute.

Pourquoi cette position peut être normale chez l’enfant

Chez le jeune enfant, une certaine déviation des genoux vers l’intérieur fait souvent partie du développement normal. La croissance modifie progressivement l’alignement entre les hanches, les genoux et les chevilles.

Cette évolution est généralement transitoire. Les jambes peuvent donner l’impression de se redresser, puis de se réorganiser avec le temps, sans qu’il y ait nécessairement une maladie.

Chez l’enfant et l’adolescent, le contexte compte beaucoup. Une posture relâchée, une manière particulière de marcher ou une croissance légèrement décalée d’un côté peuvent accentuer l’impression de genoux en X sans traduire une pathologie.

Pourquoi les genoux peuvent-ils se tourner vers l’intérieur ?

Certaines situations relèvent d’une croissance habituelle. D’autres nécessitent de rechercher une cause, surtout si la déviation est marquée, récente ou asymétrique.

Les causes fréquentes et souvent bénignes

Le genu valgum peut être favorisé par l’hérédité. Dans certaines familles, les genoux en X ou d’autres particularités d’alignement des jambes sont plus fréquents que dans la population générale.

Le surpoids peut également jouer un rôle, car il augmente les contraintes exercées sur les genoux et les chevilles. La posture, la façon de marcher et certaines particularités de croissance peuvent accentuer la déviation sans qu’il existe de lésion précise.

Chez beaucoup d’enfants, ces éléments restent compatibles avec une évolution habituelle. Une jambe ne se juge pas sur une photo prise de travers dans le salon, mais sur l’ensemble de l’examen et de l’histoire de l’enfant.

Les causes secondaires à ne pas manquer

Certaines causes nécessitent une évaluation médicale. Il peut s’agir d’un traumatisme, d’une fracture mal consolidée, d’un rachitisme, d’une maladie osseuse ou d’un trouble du développement du squelette, comme une dysplasie osseuse.

Dans ces situations, le problème ne relève pas uniquement de la croissance normale. L’alignement du membre inférieur peut être perturbé par la solidité de l’os, son développement ou les suites d’un accident.

Le genu valgum peut aussi apparaître après certaines atteintes d’une articulation proche du genou. Lorsque la déviation survient après un choc ou s’aggrave rapidement, mieux vaut demander un avis médical plutôt que simplement attendre.

Bon à savoir
Une asymétrie nette des genoux ne doit pas être automatiquement attribuée à la croissance. Si un côté paraît plus touché que l’autre, un bilan orthopédique est souvent plus prudent qu’une simple surveillance.

La forme des jambes ne suffit pas à expliquer tous les signes ressentis : des bruits articulaires isolés sont fréquents, tandis qu’une douleur ou un blocage associés à des craquements du genou justifient un examen distinct.

Reconnaître la déviation et obtenir une évaluation fiable

À la maison, certains signes peuvent être repérés. Seul un professionnel peut toutefois mesurer correctement l’alignement des jambes et vérifier si la situation reste dans les limites attendues.

Ce que l’on peut observer soi-même

Les signes les plus visibles sont simples : les genoux se touchent tandis que les chevilles restent écartées, les jambes semblent « rentrer » vers l’intérieur ou les membres inférieurs paraissent ne pas être dans le même axe. Chez certaines personnes, la marche devient aussi moins fluide.

Une fatigue à la marche ou des douleurs peuvent apparaître. Lorsqu’une gêne est présente, il peut s’agir d’une douleur du genou, voire d’une douleur fémoro-patellaire si l’avant du genou est sensible, notamment autour de la rotule.

Une déviation visible n’est pas forcément celle qui provoque le plus de gêne. Certaines personnes présentent un valgus modéré mais douloureux, tandis que d’autres ont des genoux en X marqués et peu de symptômes.

Ce que fait le professionnel de santé

Le professionnel de santé commence par un examen clinique. Il observe les membres inférieurs, la symétrie, la posture debout, la marche et la manière dont les genoux et les chevilles s’alignent.

Il peut mesurer plusieurs repères, dont l’angle fémoro-tibial, afin d’objectiver la déviation. Il ne s’agit donc pas d’une simple impression visuelle, mais d’une évaluation structurée qui aide à déterminer s’il faut surveiller ou traiter.

Si nécessaire, une radiographie en charge peut être prescrite. Elle permet d’évaluer l’axe des jambes en position debout, dans des conditions proches de la situation réelle, et d’orienter la suite du bilan.

Élément observéCe que cela peut suggérerPourquoi c’est utile
Chevilles écartées avec genoux rapprochésDéviation vers l’intérieurRepère visuel du genu valgum
Marche modifiéeGêne fonctionnelleOriente vers un retentissement réel
Douleur du genouSurcharge ou autre cause associéeAide à décider d’un bilan
Asymétrie marquéeCause secondaire possibleJustifie une évaluation plus attentive
Astuce
Avant le rendez-vous, notez l’âge d’apparition, l’évolution, les douleurs, ainsi qu’une éventuelle chute ou un traumatisme récent. Une photo prise debout, de face, peut aussi aider le médecin à visualiser la déviation, sans remplacer l’examen.

Quand l’imagerie devient utile

L’imagerie n’est pas systématique. Elle est surtout indiquée lorsque la déviation est importante, douloureuse, asymétrique ou persistante, ou lorsque le professionnel suspecte une cause secondaire.

La radiographie en charge permet de préciser l’axe du membre inférieur, la position du genou et l’éventuelle atteinte osseuse associée. Elle aide à relier les symptômes à une cause mécanique, osseuse ou post-traumatique.

Le but n’est donc pas de multiplier les examens. Il s’agit de déterminer si l’on observe une variation de croissance, un problème mécanique ou une maladie osseuse nécessitant un suivi particulier.

Quelles solutions selon l’âge, la gêne et le potentiel de croissance ?

La prise en charge dépend principalement de trois éléments : l’âge, l’importance de la déviation et la présence éventuelle d’une cause identifiée. La démarche est progressive et ne repose pas sur une solution automatique.

Surveillance, soulagement et rééducation

Lorsque le valgus physiologique semble probable et que l’évolution est habituelle, une surveillance suffit souvent. Le médecin vérifie que la croissance suit son cours et que la déviation ne s’accentue pas.

En cas de gêne, la prise en charge vise d’abord les symptômes. La kinésithérapie, la rééducation et le renforcement musculaire peuvent améliorer la stabilité, la mobilité et le confort pendant la marche.

Les exercices ne corrigent pas toujours l’axe osseux à eux seuls, mais ils peuvent soutenir la fonction. Ils sont notamment utiles lorsque la douleur est liée à une surcharge, à une faiblesse musculaire ou à une mauvaise répartition des appuis.

Place des semelles et des orthèses

Les semelles orthopédiques et certaines orthèses peuvent être proposées selon le contexte. Leur intérêt dépend de la cause, de la marche, des douleurs et de la manière dont le membre inférieur prend appui sur le sol.

Elles ne constituent toutefois pas une solution universelle. Elles ne remplacent pas un diagnostic précis et n’ont pas le même rôle chez un enfant en croissance que chez un adulte dont la maturité osseuse est atteinte.

Des semelles peuvent aider à mieux répartir les appuis, mais elles ne redressent pas nécessairement l’axe osseux à elles seules.

OptionQuand elle peut être envisagéeCe qu’elle peut apporter
SurveillanceDéviation modérée et évolutive chez l’enfantVérifier que la croissance reste cohérente
KinésithérapieDouleur, raideur ou gêne fonctionnelleAméliorer la mobilité et le contrôle musculaire
Semelles orthopédiquesTrouble d’appui associéMieux répartir les contraintes
OrthèsesSituations particulièresSoutenir l’alignement ou la fonction

Quand la chirurgie entre en discussion

La chirurgie n’est pas la première réponse. Elle peut toutefois être envisagée lorsque la déviation est importante, persistante, douloureuse ou responsable d’une gêne significative. Le potentiel de croissance restant entre également en ligne de compte.

Chez l’enfant ou l’adolescent, une technique de croissance guidée peut être proposée. On parle notamment d’hémiepiphysiodèse, qui ralentit temporairement la croissance d’un côté afin de permettre à l’axe de se rééquilibrer progressivement.

Chez l’adulte, ou lorsque la croissance est terminée, une ostéotomie peut être envisagée. L’objectif est alors de corriger l’axe osseux au moyen d’une intervention réalisée par un chirurgien orthopédique.

Chaque situation est étudiée au cas par cas. L’âge, les douleurs, la marche, l’axe du membre inférieur et la cause identifiée participent tous à la décision.

Après avoir évalué l’axe du membre, une tuméfaction localisée et persistante près de l’articulation ne doit pas être attribuée d’emblée au valgum : un hygroma articulaire relève d’une prise en charge spécifique.

Les bons repères pour savoir quand demander un avis

Le plus utile est de repérer les situations qui peuvent être surveillées sereinement et celles qui justifient une consultation médicale.

Quand consulter sans attendre trop longtemps

Demandez un avis si les genoux en X sont très asymétriques, s’ils s’aggravent, persistent au-delà de la période habituelle de croissance ou s’accompagnent de douleurs. Des douleurs répétées au genou doivent également être prises au sérieux.

Une consultation est aussi indiquée si vous avez remarqué une modification de la marche, une fatigue inhabituelle ou une gêne dans les activités quotidiennes. Une déviation qui limite la mobilité mérite d’être examinée.

Les signes qui justifient un rendez-vous plus rapide

Un rendez-vous plus rapide est conseillé en cas de boiterie, de gonflement, de difficulté à marcher, de déviation apparue après un traumatisme ou de douleur nocturne. Ces signes peuvent orienter vers une cause qui ne relève pas d’une simple évolution de la croissance.

Le contexte reste souvent rassurant : chez l’enfant, de nombreuses situations sont bénignes et nécessitent seulement une surveillance. La consultation permet néanmoins de faire la différence entre ce qui peut attendre et ce qui demande une véritable prise en charge.

Selon la situation, vous pouvez consulter votre médecin traitant, un pédiatre ou directement un chirurgien orthopédique. Le choix dépend principalement de l’âge, de la gêne et de la cause suspectée.

Le plus sage est de ne pas rester seul face au doute. Un examen clinique bien mené vaut souvent mieux qu’une longue hésitation, surtout lorsque les genoux et les chevilles n’évoluent pas comme prévu.

Avertissement : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié pour toute question relative à votre santé.

Marion

Marion signe les articles du magazine, de la prévention au budget santé. Elle privilégie les explications simples et les exemples concrets, et rappelle quand un sujet demande l'avis d'un professionnel.