En bref
Avant de parler d’intolérance au café, faites le compte en milligrammes de caféine. Les repères européens : 200 mg par prise, 400 mg par jour, 200 mg par jour pendant la grossesse. Dès 100 mg, le sommeil peut être gêné près du coucher. En cas d’intestin irritable, la recommandation officielle est de limiter la caféine. Des troubles digestifs depuis plus de trois mois se montrent au médecin traitant.
Le compte d’abord, puis les symptômes liés à la dose, ceux du ventre, les situations à part et le moment de consulter.
Faire le compte avant tout
Ce qui gêne, c’est plutôt la nervosité et le cœur qui s’emballe, ou plutôt le ventre ? Les deux ne relèvent pas de la même piste. Dans les deux cas, la première démarche est la même : additionner la caféine de la journée, café, thé, cola et chocolat compris.
| Boisson ou aliment | Caféine, environ |
|---|---|
| Un expresso (60 ml) | 80 mg |
| Une tasse de café filtre (200 ml) | 90 mg |
| Une tasse de thé noir (220 ml) | 50 mg |
| Une canette de cola (355 ml) | 40 mg |
| Une canette de boisson énergisante (250 ml) | 80 mg |
| Une barre de chocolat noir (50 g) | 25 mg |
Ces teneurs sont des ordres de grandeur publiés par l’Autorité européenne de sécurité des aliments : elles varient avec le grain, la préparation et la taille de la tasse.
Les symptômes liés à la dose
Nervosité, agitation, cœur qui accélère, endormissement difficile : ces symptômes d’intolérance au café renvoient d’abord à la caféine et à sa dose.
Le mot « intolérance » ne figure pas dans les repères officiels sur la caféine : ils parlent de dose. Une prise jusqu’à 200 mg et un total jusqu’à 400 mg par jour, répartis sur la journée, ne posent pas de problème de sécurité pour un adulte en bonne santé.
400 mg, c’est un peu plus de quatre tasses de café filtre. Mais dès 100 mg, la durée et la qualité du sommeil peuvent être affectées chez certains adultes, surtout près du coucher.
Le pic d’effet arrive entre 15 minutes et 2 heures après la tasse, et il s’estompe en 3 à 4 heures, avec de grandes différences d’une personne à l’autre. À très forte dose, au-delà de 1,2 g par jour selon la revue présentée dans la vidéo ci-dessous, la caféine devient toxique : anxiété, nervosité, tremblements, insomnie, palpitations et troubles du rythme cardiaque.
Exemple construit : deux expressos le matin et un café filtre à 16 h font environ 250 mg, sous les repères. Si le sommeil est en cause, c’est l’heure du dernier café qu’on déplace d’abord, avant de supprimer le reste.
Les symptômes du ventre
Mal de ventre, ballonnements, diarrhée, transit qui s’accélère : chez les personnes atteintes d’un syndrome de l’intestin irritable, aussi appelé côlon irritable, l’Assurance Maladie conseille de limiter les boissons contenant de la caféine, comme les boissons énergisantes, ainsi que les boissons gazeuses et l’alcool.
Limiter n’est pas supprimer : l’amélioration passe par le repérage des aliments mal supportés, puis par la réduction de leur quantité.
Les situations à part
Pour une femme enceinte ou qui allaite, le repère tombe à 200 mg par jour, toutes sources confondues : deux tasses de café filtre environ. Pour les enfants et les adolescents, l’EFSA retient 3 mg par kilo de poids et par jour, soit 90 mg pour un enfant de 30 kg.
Ces repères concernent des personnes en bonne santé. Ils ne tiennent compte ni d’une maladie ni d’un traitement en cours : dans ces cas, c’est au médecin traitant ou au pharmacien de dire ce qui convient.
Quand consulter
Pour le ventre, le médecin traitant est le premier interlocuteur. Les situations qui doivent y mener :
- des troubles digestifs depuis plus de trois mois ;
- du sang rouge dans les selles ou des selles noires ;
- une perte de poids involontaire, de la fièvre, des symptômes la nuit ou une modification récente des symptômes ;
- des premiers troubles digestifs, surtout après 50 ans, ou des antécédents familiaux de cancer colorectal, ou des troubles apparus après un voyage à l’étranger.
Les repères sur la caféine valent pour des adultes en bonne santé et ne remplacent pas un avis. Des palpitations qui reviennent malgré une consommation réduite, ou accompagnées d’une douleur dans la poitrine ou d’un malaise, se signalent sans attendre à un médecin.
Réduire sans se tromper de cible
- compter la caféine de la journée, thé, cola et chocolat compris ;
- déplacer le dernier café plus tôt si le sommeil est en cause ;
- pour le ventre, réduire la caféine sans tout supprimer, et noter ce qui change ;
- consulter si les troubles durent ou si un signe d’alerte apparaît.
Sources
- EFSA, « Caféine », avis scientifique sur la sécurité de la caféine du 27 mai 2015
- Assurance Maladie, « Syndrome de l’intestin irritable : que faire pour être soulagé et quand consulter ? », sources consultées le 22 janvier 2025

