En bref
Le xanthélasma, une plaque jaune près du coin interne de la paupière, est bénin et indolore, mais il justifie une prise de sang avec bilan lipidique prescrite par un médecin. Un tiers à 40 % des personnes concernées seulement ont trop de lipides, et dans une grande étude danoise la plaque annonçait un risque d’infarctus plus élevé, cholestérol pris en compte. Le retrait est un choix à part : il ne remplace pas le bilan.
Vous avez remarqué cette plaque, ou on vous l’a signalée. Voici dans l’ordre ce que c’est, la démarche à suivre, ce que mesure le bilan, pourquoi un résultat normal ne clôt pas la question, puis le retrait et ses récidives.
Ce qu’est un xanthélasma
Le xanthélasma (on trouve aussi xanthelasma et xanthélasme) est un dépôt de graisses dans la peau de la paupière. Il forme des plaques jaunâtres d’aspect cireux, plates ou un peu surélevées, le plus souvent près du coin interne de l’œil.
La lésion est en général sans symptôme et bénigne. Elle touche environ 4 % de la population, avec un pic de fréquence entre la quatrième et la cinquième décennie de vie.
Seul un médecin peut confirmer qu’une plaque de paupière est un xanthélasma. Cette page n’est pas un diagnostic et ne remplace pas une consultation.
La démarche : médecin traitant, puis prise de sang à jeun
Le bilan se prescrit chez un médecin, et le plus simple est de commencer par votre médecin traitant. En pratique, on procède dans cet ordre :
- Vous prenez rendez-vous avec votre médecin traitant et vous signalez la plaque.
- Le médecin décide du bilan et prescrit, si besoin, un bilan lipidique, aussi appelé exploration d’une anomalie lipidique.
- Vous faites la prise de sang à jeun : rien manger ni boire, sauf de l’eau, pendant les 12 heures qui précèdent. Évitez de fumer et l’activité physique intense avant le prélèvement, et signalez vos médicaments, car beaucoup peuvent modifier les résultats.
- Vous retournez voir le médecin avec les résultats, qui fixe la suite.
Selon une revue publiée en 2023, le médecin peut aussi juger utile un bilan du foie et de la thyroïde, deux organes dont les troubles sont associés au xanthélasma.
Le bilan mesure le cholestérol total, le LDL-cholestérol, le HDL-cholestérol, le cholestérol non-HDL et les triglycérides. Pour une personne sans facteur de risque cardiovasculaire, l’Assurance maladie donne ces valeurs repères :
| Mesure | Valeur repère sans facteur de risque |
|---|---|
| Cholestérol total | Moins de 2 g/L |
| LDL-cholestérol | Moins de 1,6 g/L |
| HDL-cholestérol | Plus de 0,4 g/L |
| Triglycérides | Moins de 1,5 g/L |
Ces valeurs valent sans facteur de risque : le taux recommandé change d’une personne à l’autre, et c’est le médecin qui fixe le vôtre. Si les résultats sont normaux, un contrôle tous les 5 ans suffit en général. Une fois un traitement adapté, un bilan par an est généralement suffisant.
Même sans plaque sur la paupière, un bilan lipidique est recommandé à partir de 40 ans chez l’homme et de 50 ans chez la femme, et à tout âge en cas de facteur de risque comme le diabète, le tabac ou le surpoids.
Pourquoi un bilan normal ne clôt pas la question
Le cholestérol n’explique pas tout. Selon la revue de 2023, une hyperlipidémie n’est présente que chez 33 à 40 % des personnes qui ont un xanthélasma : la majorité n’a donc pas d’hyperlipidémie.
Une méta-analyse de 15 études, parue en 2020, montre en moyenne un cholestérol total et un LDL plus élevés chez les personnes concernées que chez les témoins. Ses auteurs concluent qu’une surveillance cardiovasculaire est nécessaire pour elles.
Une étude danoise publiée dans le BMJ en 2011 va plus loin. Elle a suivi 12 745 personnes sans maladie vasculaire pendant 33 ans au plus. Parmi elles, 563 (4,4 %) avaient un xanthélasma au départ.
Après prise en compte des facteurs de risque connus, cholestérol et triglycérides compris, ces personnes avaient 1,48 fois plus de risque d’infarctus (intervalle de confiance à 95 % de 1,23 à 1,79) et 1,39 fois plus de risque de cardiopathie ischémique. Aucun lien net n’apparaissait pour l’AVC ischémique.
Deux limites : l’étude ne portait que sur des personnes blanches, et le xanthélasma était repéré à l’œil nu. Cela ne fait pas de la plaque un diagnostic : elle invite le médecin à regarder le risque cardiovasculaire dans son ensemble.
Votre famille compte aussi : un proche a-t-il eu un problème de cœur ou de cholestérol jeune ?
Dites-le au médecin si votre père ou un parent du premier degré a eu une maladie cardiovasculaire avant 55 ans, votre mère ou une parente avant 65 ans, ou si des proches ont eu un bilan lipidique anormal. Certaines formes familiales de dyslipidémie donnent des dépôts de graisses visibles (cornée, tendons), et la revue de 2023 les associe au xanthélasma.
Enlever la plaque : un choix distinct
Le retrait enlève la plaque : il ne dit rien de vos lipides et ne remplace pas le bilan. La revue de 2023 le décrit comme une lésion bénigne que les patients font traiter surtout pour la gêne esthétique.
La revue décrit surtout la chirurgie et le laser, à côté d’autres techniques (électrochirurgie, peeling chimique, cryothérapie, injection). Les données ci-dessous viennent de cette revue de 49 études (1 329 patients) :
| Technique | Pour quelles lésions | Récidive |
|---|---|---|
| Chirurgie (exérèse) | Lésions grandes et profondes | Moins de 5 % au total |
| Laser | Lésions petites et superficielles | 10 à 31 % pour les lasers étudiés dans plusieurs publications |
Les troubles de la pigmentation de la peau sont la complication la plus fréquente, devant les cicatrices. Ces études sont surtout rétrospectives (69 %) et à un seul groupe de patients (84 %) : elles comparent mal les techniques entre elles.
Nous n’avons trouvé aucun texte officiel qui fixe la prise en charge du retrait d’un xanthélasma. Si vous envisagez un retrait, le médecin peut vous orienter vers un spécialiste ; avant toute décision, demandez au praticien le motif de l’acte et un devis écrit.
Parlez-en à votre médecin traitant
Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant, montrez la plaque et demandez si un bilan lipidique est indiqué pour vous. Apportez la liste de vos médicaments et ce que vous savez des antécédents cardiovasculaires de votre famille. Le retrait, lui, pourra se discuter une fois ce point fait.

Sources
- Assurance maladie, « Cholestérol et/ou triglycérides élevés : diagnostic et surveillance », 8 janvier 2026.
- BMJ, 2011, étude de cohorte de Copenhague (Copenhagen City Heart Study).
- Plastic and Reconstructive Surgery Global Open, 2023, revue de 49 études sur le traitement du xanthélasma palpébral.
- Journal of the American Academy of Dermatology, 2020, méta-analyse de 15 études sur les lipides sanguins et le xanthélasma.
