En bref
Une anesthésie générale dure le temps de l’intervention, de quelques minutes à plusieurs heures. Une fois les produits arrêtés, on rouvre généralement les yeux en 5 à 15 minutes, puis on reste en salle de réveil de trente minutes à quelques heures. La fatigue et la baisse de concentration peuvent durer de quelques heures à quelques jours : en ambulatoire, on rentre accompagné et on ne passe pas la première nuit seul.
La durée d’une anesthésie générale, étape par étape : ce qui se fait avant, l’anesthésie elle-même, le réveil, le retour à domicile, les jours suivants, puis ce qui est remboursé.
Avant : la consultation plusieurs jours avant, et le jeûne
Pour une opération programmée, la démarche commence bien avant le bloc. Le code de la santé publique impose une consultation d’anesthésie plusieurs jours avant l’intervention, ce qui exclut la veille. Le médecin anesthésiste y fait le point sur votre santé, vos traitements et vos allergies, explique les risques et choisit le type d’anesthésie : générale, locorégionale, locale ou simple sédation.
Une seconde rencontre, la visite pré-anesthésique, a lieu dans les 24 heures qui précèdent l’opération. Elle ne remplace pas la consultation : elle vérifie que rien n’a changé depuis.
Le jeûne est fixé par l’équipe d’anesthésie, et c’est sa consigne qui compte. Chez l’adulte, les recommandations des sociétés d’anesthésie autorisent en général l’eau et les liquides clairs jusqu’à 2 heures avant, et un repas léger jusqu’à 6 heures avant. Un estomac plein expose à un passage du contenu gastrique dans les poumons pendant l’anesthésie.
Combien de temps dure l’anesthésie elle-même
L’anesthésie générale n’a pas de durée propre : elle commence au moment où vous vous endormez et se prolonge autant que l’intervention l’exige, puisque l’anesthésiste entretient le sommeil avec les produits anesthésiques tout du long, parfois avec une intubation pour aider la respiration. Une coloscopie demande une anesthésie légère de quelques minutes ; une chirurgie importante, plusieurs heures.
Le temps passé au bloc opératoire dépasse donc celui de l’opération : installation, endormissement, intervention, puis réveil. Pour estimer la journée, la bonne question à poser au chirurgien porte sur la durée de l’intervention, pas sur celle de l’anesthésie.
Le réveil et la salle de réveil
À la fin de l’intervention, l’anesthésiste arrête les produits, et le corps les élimine. On rouvre généralement les yeux en 5 à 15 minutes, un peu plus après une anesthésie longue. Vient ensuite la salle de réveil, la salle de surveillance post-interventionnelle des documents officiels, où une équipe d’infirmiers, dont un infirmier anesthésiste, surveille le cœur, la respiration, la tension, la douleur, les nausées et les vomissements.
Les étapes s’enchaînent ainsi :
| Étape | Durée habituelle | Ce qui s’y passe |
|---|---|---|
| Anesthésie | Le temps de l’intervention | Sommeil entretenu et surveillé en continu |
| Ouverture des yeux | 5 à 15 minutes après l’arrêt des produits | Retour de la conscience, parfois avec une confusion passagère |
| Salle de réveil | 30 minutes à quelques heures | Surveillance, traitement de la douleur et des nausées |
| Récupération des facultés | Quelques heures à quelques jours | Fatigue, troubles de concentration, mémoire encore ralentie |
Ces durées sont des repères, pas des promesses : l’âge, l’état de santé et la longueur de l’opération les font varier, chez l’enfant comme chez l’adulte.
Rentrer chez soi le jour même : les conditions
En chirurgie ambulatoire, on entre le matin et on sort le soir, après le passage du chirurgien ou de l’anesthésiste. Cette sortie suppose trois conditions, rappelées par l’assurance maladie des agriculteurs :
- être accompagné par un adulte, l’accompagnant, pour quitter l’établissement ;
- ne pas rester seul la première nuit après une anesthésie générale ;
- être joignable et en mesure d’appliquer les consignes de soins remises à la sortie.
Le retour se fait sans prendre le volant, puisque la vigilance reste diminuée. Avez-vous prévu qui vous ramène et qui reste avec vous ce soir-là ? Sans solution, la sortie le jour même n’est pas possible : la question se règle dès la consultation.
Les jours suivants : fatigue, concentration, reprise
La fatigue, une somnolence passagère et une attention moins vive sont fréquentes les jours qui suivent, surtout après une anesthésie longue ou chez une personne âgée. Mieux vaut ne pas conduire ni prendre de décision importante tant que l’on ne se sent pas pleinement soi-même.
La durée de l’arrêt de travail dépend de l’opération, pas de l’anesthésie : elle se discute avec le chirurgien, comme pour la durée d’hospitalisation après une chirurgie du dos ou la convalescence après un calcul rénal. Des nausées qui persistent, une fièvre ou une douleur inhabituelle justifient d’appeler l’établissement ou votre médecin traitant, à qui le compte rendu est transmis.
Ce qui est pris en charge, ce qui peut rester à payer
La consultation d’anesthésie et l’anesthésie font partie du parcours de soins de l’intervention, remboursées par l’assurance maladie sur sa base de remboursement. En cas d’hospitalisation d’au moins une nuit, le forfait hospitalier s’ajoute. Un anesthésiste en secteur 2 peut pratiquer des dépassements d’honoraires, pris en charge ou non par votre complémentaire santé selon votre contrat. Le montant des dépassements se demande dès la consultation, avant de s’engager.
Sources
- Code de la santé publique, articles D6124-91 et D6124-92
- MSA du Languedoc, dépliant « La chirurgie ambulatoire », novembre 2014
- Recommandations SFAR-SFNEP sur le jeûne préopératoire, 2010

